Pauvreté de vocabulaire

Ce lecteur revient sur l’interview de Marie Pedroni publiée sous le titre «Les mots et l’envie manquent» dans l’Echo Magazine n°10 du 7 mars.

Si l’enseignante valaisanne qui s’exprimait dans vos colonnes a tout juste pour son constat d’appauvrissement de la langue française, elle est quelque peu naïve quant à ses origines. En effet, cette dégringolade généralisée de l’orthographe et du vocabulaire a une cause bien précise. Hormis l’abandon de l’accès à des auteurs classiques, c’est la culture généralisée de l’abstraction de la langue développée par les nouvelles technologies et plus particulièrement la frénésie de la création des mots abrégés pour rédiger des SMS dans l’univers asocial des Smartphones qui sont les principaux responsables de cette situation. Le paradoxe est que plus nous appauvrissons nos propres connaissances de la langue et de l’orthographe, plus le support, lui, que ce soit Google ou l’intelligence artificielle de ChatGPT, s’enrichit et s’affine pour nous faire écrire correctement et nous répondre dans un français précis et basique. En considérant à partir de là que les cerveaux de la Silicon Valley se sont remplis de toutes les connaissances du monde, même des manuscrits anciens les plus précieux de la langue française de la Bibliothèque nationale de France, et que Google aujourd’hui est capable de souligner en rouge les erreurs de français et en bleu les tournures de phrases mal fagotées, il en résulte le développement d’un oreiller de paresse peu propice à l’usage de mots sophistiqués. Tout est devenu strictement basique et sans relief. Si à ce constat nous ajoutons le flot d’images liquides des séries omniprésentes dans notre quotidien à celles de la pléthore des jeux vidéo plus obsessionnels qu’instructifs, nous avons fait le tour du panorama culturel dans lequel baigne notre belle jeunesse. Alors quant à croire qu’elle va passer de Super Mario à Alphonse Daudet ou de Dark Vador à Victor Hugo c’est une grande illusion. Distrayez-vous, ne pensez surtout à rien, prenez du bon temps, la machine à rêver s’occupe de tous vos désirs, de tous vos phantasmes et gère simultanément tous les problèmes nationaux et internationaux sans commettre les irréparables erreurs humaines.

Léon Meynet, Chêne-Bougeries (GE)

 

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